La restauration du Château de Valon au fil du temps
L’histoire de la sauvegarde du château de Valon débute en 1925, des personnes sensibles et passionnées de Patrimoine alertent et stoppent le pillage des pierres du château en inscrivant l’édifice à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Chronologiquement pour un relais de la mémoire du XXème siècle, nous tentons de mettre en lumière les différents protagonistes au château de Valon au XXème siècle en vous racontant comment grâce à eux, aujourd’hui encore, la vie au château de Valon est possible et appréciable.


Le château de Valon doit son salut à Jean-Louis Fougerousse et sa famille.
La vie personnelle de Jean-Louis Fougerousse est marquée par la découverte du château de Valon à fin des années 20.
Valon« allait influencer grandement la suite de la vie et de la carrière de Fougerousse.
Ce fut, en premier lieu, l’achat en 1929 des ruines du château féodal de Valon, à Lacroix-Barrez dans l’Aveyron (fig. 24). « En villégiature dans la région et épris par la beauté du site » D’après le Journal de l’Aveyron du 18 décembre 1932, l’architecte tomba sous le charme de cette forteresse bâtie aux XIIe-XIVe siècles sur un promontoire surplombant la vallée de la Truyère. Apprenant qu’elle était mise en vente, Fougerousse entra en contact avec son propriétaire, Antoine Delmas de Taleyssac, qui la lui céda pour la modique somme de mille francs. N’ayant plus été entretenue depuis la Révolution française, ses toitures s’étaient effondrées depuis bien longtemps et de nombreux éléments de construction avaient disparu.
Seul le donjon avait été partiellement épargné, mais nécessitait une importante consolidation. L’édifice menaçait ruine définitive, malgré son inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1925. Jean-Louis Fougerousse entreprit de le sauver en restaurant les parties réparables, ce qu’il fit patiemment, à chacun des étés où il y séjourna en famille, jusqu’à la fin de sa vie (fig 25). Le monument étant classé, il dut se plier à des normes strictes en matière de matériaux et d’aménagement, afin de respecter le cahier des charges qu’il s’était lui-même fixé. Il dut également effectuer des recherches sur l’histoire du bâtiment et de son évolution au cours de ses huit siècles d’existence, tout en tenant compte des éléments épars qu’il retrouvait en déblayant ses vestiges. Peut-être fut-ce à ce moment que lui vint son goût pour l’archéologie, à laquelle il allait s’adonner passionnément durant les dix années suivantes. »

D’après Patrice Le Guilloux. Souvenirs de Tanis (I) Jean-Louis Fougerousse. Croquis et aquarelles (1931-1939)
Extrait de la Notice biographique – Chapitre 4 – La voie vers l’archéologie.
Editions : BoD – Books on Demand – 2019

Souvenirs de Tanis (I) Jean-Louis Fougerousse.
Croquis et aquarelles (1931-1939) Patrice Le Guilloux « les nombreux aspects du personnage singulier que fut Jean-Louis Fougerousse, tour à tour ou simultanément architecte, artiste peintre, aviateur et archéologue,…»
« Jean-Louis Fougerousse fut l’architecte de la Mission Montet entre 1931 et 1939 sur le site de Tanis, dans le Delta du Nil. Il dressa de nombreux plans archéologiques du site et fut l’un des témoins privilégiés des plus importantes découvertes effectuées par Pierre Montet, dont celle de la nécropole des pharaons des XXIe et XXIIe dynasties. Fougerousse possédait en outre un remarquable talent d’aquarelliste, qu’il avait développé durant sa jeunesse et pour lequel il fut amené à exposer régulièrement ses œuvres dans les plus grands salons internationaux, dès 1904.
Cet ouvrage retrace sa vie et présente 155 croquis, dessins et aquarelles qu’il réalisa sur le site de Tanis, récemment retrouvés chez certains de ses descendants ou dans des collections privées. Il offre aux archéologues et aux ethnologues la possibilité rare de découvrir les costumes, parures et attributs du personnel égyptien d’un chantier de fouilles, tant masculin que féminin, dans les années 1930 pour cette région de l’Égypte, et aux passionnés d’orientalisme le plaisir d’admirer des documents exceptionnels et inédits. » Éditeur : Books on Demand
Patrice Le Guilloux est membre de la Mission française des fouilles de Tanis (École pratique des hautes études, PSL), collaborateur scientifique de l’UMR 8546 – Archéologie et Philologie d’Orient et d’Occident (CNRS-ENS-EPHE) et de l’Institut des Civilisations, Arts et Lettres de l’Université Catholique de Louvain (Belgique). Il mène des recherches sur le site de Tanis depuis 1987.
C’est plus qu’une chance de pouvoir vous partager ici d’aussi riches informations, recherches et images inédites.
Nous remerçions tout particulièrement M. Patrice Le Guilloux, Mmes Marie Paule Fougerousse et Anne Staritzky, MM Cyril Staritzky – Camille AUTAIN – Jean-Christophe Caron pour leur amabilité, leur enthousiasme, leur disponibilité, leurs accords et la confiance accordée pour l’écriture de cette chronique qui nous l’espérons éclaire « Le Valon de Jean-Louis Fougerousse ».
Jean-Louis Fougerousse profite de la présence de l’entreprise Fabre, de Paris, qui construisait en 1932 l’église du Cardinal Verdier, à Lacroix-Barrez, pour leur faire restaurer l’angle du château et établir au sommet du donjon une plate-forme bétonnée.
En 1977, Danièle Rimbert achète le château aux deux filles de Jean-Pierre, l’un des enfants de Jean-Louis Fougerousse.
Danièle Rimbert appuyée par deux architectes poursuit des travaux en vue d’en faire sa résidence principale : acheminement de l’électricité, de l’eau au château et de l’étanchéité des terrasses.
Pour plus de confort, Mme Rimbert rachète dans le village une maison et s’y installe.
Les frais conséquents des travaux au château l’emmènent à chercher un acheteur.
La Communauté de Communes du Carladez en a la propriété en 1999.
Guidé, encouragé par le professionnalisme et la passion de Jean-Louis Causse, architecte des bâtiments de France, plusieurs campagnes de fouilles archéologiques et grands travaux de restauration ont lieu : le donjon et la chapelle seigneuriale retrouvent leur aspect.
Le château ouvre officiellement ses portes aux visiteurs en été.
La vie du Château de Valon prend forme, se développe davantage via le travail sur site de l’animatrice socioculturelle de la Communauté de communes du Carladez Nadine Vignolo, puis en associant l’Office de Tourisme du Carladez à la promotion et communication du Château de Valon.
L’Office de Tourisme y ouvre un Espace d’accueil – Billetterie d’avril à octobre en 2011.

Depuis 2017, vous êtes accueilli par l’équipe du bureau d’information touristique de Mur-de-Barrez.
Avec Tourisme en Aubrac, l’équipe du Carladez poursuit la mission d’accueil, d’animation et de promotion du Château de Valon.
La Communauté de Communes Aubrac Carladez Viadène, devenue propriétaire, poursuit les objectifs de restauration, d’entretien et de sécurisation des arases du mur d’enceinte, d’état des lieux des façades du donjon, de dé-végétalisation et maçonnerie et de réfection de l’éclairage.
Les propriétaires du XXe et XXIe siècles
1927 – 1977 : Jean-Louis Fougerousse, Marie Bruère-Fougerousse et leurs enfants.
1977- 1999 : Danièle Rimbert.
1999 – 2017 : Communauté de Communes du Carladez.
Depuis 2017 : Communauté de Communes Aubrac Carladez Viadène.
Campagnes de fouilles archéologiques :
Les fouilles archéologiques réalisées par Hadès.
2006 : Fouilles des anciennes cuisines.
2009 : Fouilles devant le portail d’entrée.
2012 : Fouilles au pied du donjon et remparts.
Les Architectes du Château de Valon
1927 – 1953 : Jean-Louis Fougerousse.
1999 – 2015 : Jean-Louis Causse – Architecte des Bâtiments de France en Aveyron.
Depuis 2017 : Patrice Gintrand – Chef de l’Unité départementale de l’architecture du patrimoine et Pierrick Betton – technicien des Bâtiments de France.
+ de 20 ans de chantier par l’atelier d’insertion de Trait d’Union au Château de Valon
Dès sa création à Mur-de-Barrez en décembre 2005, l’équipe de l’association Trait d’Union et la Communauté de Commune du Carladez contractualisent pour d’importants plans de restauration et d’entretien.
Dany Dubessay et son équipe œuvrent la pierre, le bois, le fer au Château de Valon.
Depuis 2017, la Communauté de Communes Aubrac Carladez Viadène poursuit les objectifs de restauration et d’entretien avec le chantier d’insertion de Trait d’Union aujourd’hui encadré par Didier Baillet.
Un public admiratif, encourageant et très reconnaissant de cet important travail de rénovation progressive.
Restauration du patrimoine bâti et paysager :
Les Ateliers chantiers d’insertion sont des structures d’insertion par l’activité économique au service des collectivités et entreprises du territoire pour :
– des travaux de maçonnerie, de pierres sèches, de ferronnerie, de menuiserie d’intérieur, de charpente.
– des services de débroussaillage et d’entretien des espaces verts.
> L’atelier du Carladez : Didier BAILLET au 06 30 41 94 63
> L’atelier de l’Aubrac : Philippe COCHET au 06 37 99 81 26
Les Ateliers chantiers d’insertion permettent à des personnes éloignées de l’emploi de reprendre une activité professionnelle et d’être accompagné individuellement pour travailler et mettre en œuvre un projet professionnel viable et pérenne.
Années 1920 – 1930 : 1ers regards sur la richesse du patrimoine de Valon






2000 à 2002 : Restauration du donjon
Dallage des différentes salles superposées, reconstitution des baies géminées et cheminées et aménagement du toit terrasse au sommet de la tour. Restauration de l’intérieur de la Chapelle seigneuriale.






2007 : Restauration des murs de la basse-cour du Château par Trait d’Union
Suivi de la rénovation du mur de soutènement en 2010.



2008 – 2009 : Construction de la galerie aux costumes au-dessus de l’accueil
Maçonnerie, charpente et couverture en bardeaux de châtaigniers par Trait d’Union.












2008 : Ameublement des pièces du donjon






2011 – 2013 : Reconstruction des anciennes cuisines (salle de service) par Trait d’Union











2011-2013 : Reconstruction de la coursive de défense
Restitution des maçonneries et toitures par Trait d’Union, des baies géminées.
Aménagement et ouverture au public en 2021.









2013 – 2014 – 2015 : reconstruction de la cave voûtée au niveau de la souricière à l’entrée du château par Trait d’union









2021 : Aménagements extérieurs par Trait d’union



2022 – 2023 : Création et implantation d’une scénographie chartée « Site de Valon »
28 panneaux sur un acier « Corten » en accès libre sur le site village et Château :
Histoire(s), vie quotidienne au Moyen Âge, reconstitution architecturale, interprétation des paysages, patrimoine bâti du village avec un format d’écriture pédagogique enfants-familles via les mascottes Jaques et Lucie.






2022 -2023 – 2024 : Déblaiement de l’ancienne citerne d’eau par Trait d’Union



Mille mercis
- A tous ceux qui ont veillé, découvert, choisi avec ambition et connaissances de « relever » le Château de Valon pour en ouvrir les portes aux visiteurs.
- Aux équipes pour leur savoir-faire et travail extraordinaire réalisé sur toutes ces étapes petites et grandes de sauvegarde et restauration.
- Aux équipes techniques du quotidien grâce à qui les portes s’ouvrent chaque année.



